
Créée il y a 30 ans avec, pour projet, de fabriquer des glaces naturelles, sans arômes, ni colorants, glucose, sucre inverti, additifs, anti-oxydant, stabilisant, conservateur ou huile de palme, L’Angelys est portée par son fondateur, maître artisan glacier, Denis Lavaud. Cet ancien responsable R&D du groupe Nestlé s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale en 1996, avec une conviction : trouver le bon équilibre entre naturalité et qualité et proposer le meilleur de l’art glacier à tout le monde.
Entretien avec Denis Lavaud, son fondateur.
Quelle place occupe L’Angelys sur le marché des glaces ?
Avec 3,6 millions de litres de crèmes glacées et sorbets façonnés en 2025, L’Angélys s’impose comme l’un des principaux moteurs de croissance du segment des bacs de glaces en grande distribution. Les performances enregistrées confirment la pertinence de son positionnement premium accessible, en parfaite adéquation avec les attentes du marché. En 2026, la marque enregistre une progression de 0,8 point de part de marché en valeur, atteignant désormais 10 % de parts de marché sur le segment des bacs. Elle affiche également une part de marché en valeur en fond de rayon supérieure à celle de La Laitière, renforçant ainsi sa visibilité et son attractivité en point de vente. Cette dynamique s’accompagne d’une hausse de 30 % du taux de pénétration, correspondant au recrutement de 240 000 nouveaux acheteurs. Malgré une base de clientèle représentant seulement 30 % de celle de Carte d’Or, L’Angélys parvient à générer 48 % de son chiffre d’affaires, illustrant la forte valeur ajoutée de sa clientèle et la performance de son modèle économique.
Quel est son ADN ?
L’Angélys est une marque artisanale née en Charente Maritime, qui tire son nom de mes deux filles, Angélique et Sarah, aujourd’hui directrice générale de l’entreprise. Nos recettes clean label et le choix de nos matières premières, rigoureusement sélectionnées, en font une marque au positionnement premium, vendu 30 % à 40 % plus cher que les MDD. Elle se place en leader des Maîtres Artisans Glaciers en format bacs de 750 ml et des bûches de Noël. Notre produit best-seller reste la vanille, décrétée Saveur de l’année 2020. En 2025, l’entreprise a, par ailleurs, reçu la Palme d’Or du Patrimoine Gastronomique Français pour l’ensemble de ses glaces. Notre promesse se veut simple mais exigeante : proposer des crèmes glacées et sorbets artisanaux de qualité au plus grand nombre. En tant que fils d’ouvrier, j’estime que le meilleur ne doit pas être réservé à une élite ! Pour exemple, nous n’avons pas augmenté nos prix avec l’inflation, préférant perdre 5 points de marge pour conserver nos volumes. L’important, pour nous, est de continuer à soutenir l’investissement.
Qu’est-ce qui vous différencie ?
Le savoir-faire artisanal de nos 65 collaborateurs passionnés, qui œuvrent dans notre atelier de 2 500 m² situé à Fontcouverte, le sourcing millimétré de nos ingrédients, guidé par l’amour du goût des matières premières naturelles et la volonté de privilégier la qualité à la quantité. Notre méthode de fabrication est unique : nos fruits sont très peu cuits, pour préserver leur saveur naturelle et notre technique de pasteurisation et d’infusion manuelle, sont le secret de notre réussite. À cela, s’ajoute la générosité de nos recettes, très concentrées en fruits : nous utilisons 68 framboises pour confectionner un bac de glace à la framboise et une mangue entière par bac. En outre, tous nos sorbets sont vegan, sans lactose ni gluten et nous maîtrisons les 14 allergènes. En outre, nous travaillons à retirer le sucre inverti dans nos crèmes glacées pour le remplacer par des fibres, afin de proposer des recettes les moins sucrées possibles.
Quelle est votre stratégie d’innovation ?
Elle repose, avant tout, sur mon instinct et sur mon expérience d’ancien responsable de l’atelier pilote mondial du groupe Nestlé. La R&D occupe une position centrale dans l’entreprise. Nous travaillons sur une amélioration continue de nos recettes et nous lançons de nouveaux produits tous les 6 mois, avec une grande réactivité, propre aux PME. Chaque année, nous proposons 6 à 10 lancements. En 2025, nous avons sorti les premiers bâtonnets aromatisés aux fruits du verger, ainsi que 2 nouvelles recettes de bacs et de cônes. Nous avons lancé une nouvelle saveur : le sorbet cacao vegan. Ce rythme d’innovation nous assure une croissance de 15 % par an. Nos meilleurs commerciaux sont nos consommateurs ! D’ailleurs, nos trois boutiques de La Rochelle, Oléron et Royan jouent le rôle de laboratoire d’innovation, offrant un contact direct avec nos clients et des retours immédiats sur les nouveautés. Elles permettent, également, de proposer des recettes exclusives, comme le pain d’épices glacé ou la glace à la menthe infusée, dont la complexité de fabrication n’est pas compatible avec les volumes de la grande distribution.
Qu’attendent les consommateurs ?
En GMS, le rayon glaces est celui qui innove le plus. Les consommateurs – et même les acheteurs de la grande distribution ! – sont sans cesse en attente de nouveautés. Afin de répondre aux besoins du marché, nous adaptons nos recettes à l’évolution des goûts. Les publics jeunes sont friands de saveurs gourmandes, à base de cacahouètes, stracciatella ou vanille-cookie. Les plus âgés vont plutôt choisir la glace Amarena ou Plombière. J’observe, cette année, un retour en force des agrumes. Nous avons, dans ce sens, sorti une recette à l’orange sanguine.
Quelles sont vos actualités ?
Nous avons engagé 500 000 € dans une nouvelle ligne de bâtonnets glacés afin d’accroître notre capacité de production, en intégrant notamment un système de remplissage automatique des moules, plus performant que les méthodes traditionnelles par seringues. Le développement de cette gamme fait l’objet de tests sur une période de trois mois, permettant d’évaluer le potentiel du marché avant tout investissement complémentaire. En parallèle, la marque continue d’innover sur ses bûches glacées, avec des recettes audacieuses telles que l’Irish coffee ou des créations intégrant des copeaux de chêne inspirés de l’univers de la barrique, apportant des notes boisées, proches du cognac et des tanins. Enfin, L’Angélys travaille sur le développement de tartes glacées et poursuit ses tests sur les bâtonnets vanille chocolat blanc-amande, chocolat lait-amandes, framboise et fraise, avec une attention particulière portée au juste positionnement prix, afin de concilier qualité des matières premières et accessibilité, avant un premier test de production de 50 000 unités.



















